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Società italiana per lo studio della storia contemporanea

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Monarchia, tradizione, identità nazionale. Germania, Giappone e Italia tra Ottocento e Novecento

Marina Tesoro (a cura di)

Milano, Bruno Mondadori, pp. 233, euro 24,00 2004

Cet ouvrage, tiré d'un colloque qui s'est tenu en 2002, permet d'ouvrir des pistes extrêmement intéressantes sur un thème longtemps oublié, celui de la place des monarchies dans la formation des Etats nations et la construction des identités nationales à la fin du XIXe siècle. Le choix d'une comparaison Allemagne-Italie semble aller de soi, et l'originalité d'y ajouter le Japon de l'ère Meiji apporte des éléments neufs. Une première partie est consacrée aux liens entre nation et constitution, et d'entrée de jeu l'intérêt de la démarche comparative s'impose. Entre le Statuto italien (Paolo Colombo), la Verfassung allemande de 1871 (Volker Sellin) et la Constitution de l'Empire du Grand Japon (Ilaria Poggiolini), les différences sont notables. Le Statuto, renforcé par les plébiscites, indiquait d'emblée une voie libérale et parlementaire dont la monarchie constituait la clé de voûte; la Constitution allemande proposait un modèle dans lequel ?il Reich si presentava come una specie di repubblica aristocratica o di principi, il cui presidente era il re di Prussia? (p. 12). La Constitution japonaise, de type autoritaire, reposait, elle, toute entière, sur un empereur garant de l'autorité politique et religieuse. Le lien entre le pouvoir monarchique et le pouvoir religieux constitue de ce point de vue une différence fondamentale dans les types de nation building à l'?uvre, ce que les deux articles de Keiichi Takeuchi et d'Annibale Zambarbieri démontrent plus amplement. Enfin, un article de Fabio Rugge clôt cette partie en abordant le problème de la création des emblèmes de l'Etat. La seconde partie, exclusivement italienne, touche aux rites et fêtes de la monarchie nationale. Fusatoshi Fusijawa propose une étude comparée de deux lieux de pèlerinages nationaux, le Panthéon et Caprera en mettant en évidence la convergence des modalités de mise en ?uvre d'une religion civile autour de héros complémentaires, Victor-Emmanuel, Humbert Ier et Garibaldi. Dans un bel article Bruno Tobia évoque la ?sacralisation laïque? du Panthéon de 1878 à 1903, autour des différentes cérémonies liées aux funérailles et anniversaires de la mort des deux premiers rois d'Italie. Marina Tesoro propose une intéressante lecture des Noces d'argent de 1893, et de la forte, mais brève reprise de popularité de la Maison de Savoie. La dernière partie, Miti e identità, plus éclectique, propose sous la plume de Giuseppe Monsagrati une étude de l'Ordre civil de Savoie depuis sa création par Charles Albert. La contribution de Wolfgang Schieder sur la Wartburg, très intéressante, ne concerne qu'assez peu la monarchie allemande. Elisa Signori propose une mise au point complète et convaincante sur la figure du Re soldato durant la Première Guerre Mondiale, image qui connut indéniablement son heure de gloire et contribua à, partiellement, souder le pays autour du souverain. Stimulant, cet ouvrage ouvre de nombreuses pistes, et pose deux problèmes: celui de l'histoire comparée, d'abord, qui reste dans ce volume encore à l'état d'ébauche. Celui aussi du rôle politique des monarchies, si l'on admet l'idée que la politisation des citoyens est aussi un fort facteur de nation building.


Catherine Brice